Comment laver le cachemire en machine ? Le cachemire est une fibre précieuse et délicate… mais bonne nouvelle : il peut passer en machine ! À condition de respecter quelques règles simples, vos pulls, cardigans ou écharpes resteront doux, soyeux et bien en forme. Peut-on laver le cachemire en machine à laver ? Cachemire et machine à laver = incompatibilité ? Il semblerait que ce match inattendu puisse finalement fonctionner… Oui, passer le cachemire en machine est possible, mais avec précaution. Ce processus de lavage comporte des risques : bouloches, feutrage, perte de forme ou fibres abîmées. Cependant, si bien réalisé, ce dernier comporte aussi certains avantages : gain de temps et praticité, tout en gardant le vêtement intact. Les risques potentiels et comment les minimiser Voici les erreurs les plus fréquentes… et les bons gestes pour les éviter : Le risque de feutrage et de rétrécissement : souvent causé par une température trop élevée ou un essorage trop rapide. Le bon réflexe : toujours laver à froid ((20 à 30°C maximum), programme “laine” uniquement, et limiter l’essorage à 400 tours/minute. Certaines machines ne respectant pas parfaitement les standards, il est préférable d’éviter les programmes automatiques trop intenses. Le risque de déformation ou d’accroc : un tambour trop rempli, un tri négligé ou un vêtement non/mal protégé peuvent tirer sur les mailles. Le bon réflexe : glisser chaque pièce sur l’envers dans un filet de lavage et ne pas charger la machine avec trop de pièces à la fois. Le risque de fibres ternies ou rêches : un excès de lessive ou l’usage d’un adoucissant fragilise la matière et ternit le toucher. Le bon réflexe : utiliser une petite dose de lessive spéciale laine ou cachemire, ou à défaut un shampoing doux, et bannir l’adoucissant. Le risque d’humidité persistante ou d’odeur : un séchage mal maîtrisé peut y participer ainsi que détendre les fibres ou laisser des traces… Le bon réflexe : presser doucement votre vêtement entre deux serviettes pour retirer l’excédent d’eau, puis le faire sécher à plat sur une serviette absorbante, à l’air libre, loin du soleil et des sources de chaleur directe. Quant au nettoyage à sec, il est à éviter : les solvants utilisés peuvent fragiliser la fibre à long terme. Vous l’aurez compris, le lavage en machine est un jeu d’équilibre entre douceur et précision ! Suivre ces quelques conseils de base devrait vous garder à l’abri des mauvaises surprises. Les avantages d’un lavage en machine bien réalisé Bien maîtrisé, le lavage en machine présente plusieurs atouts. Il assure une température constante, un rinçage homogène et une bonne répartition de la lessive, autant de paramètres parfois difficiles à contrôler à la main. De plus, les cycles “laine” présents sur les machines récentes sont conçus pour imiter un lavage doux, avec un brassage lent et régulier, et une quantité d’eau suffisante pour préserver la fibre. Résultat : un nettoyage efficace, respectueux de la matière et à moindre effort. En pratique, le lavage en machine se révèle particulièrement utile pour les passionnés de cachemire, possédant plusieurs pièces ou portant fréquemment la même ; assurant un entretien efficace tout en limitant les manipulations. Décoder l’étiquette d’entretien Avant de lancer un cycle, un petit détour par l’étiquette s’impose. Ces symboles (parfois énigmatiques) sont en réalité vos meilleurs alliés pour éviter les erreurs. Ils indiquent les conditions idéales de lavage, de séchage et de repassage propres à chaque matière. Un outil d’autant plus important pour une matière comme le cachemire. Clés de lecture des pictogrammes Nous vous aidons à décrypter les symboles de lavage de base à travers un guide visuel ! Il est essentiel de commencer par lire les pictogrammes présents sur l’étiquette de vos pièces pour connaître le type de lavage recommandé, quand bien même vous optez pour un lavage à la main. Ces indications sont certes particulièrement utiles pour le lavage en machine, mais donnent aussi des repères pour manipuler vos vêtements délicats à la main. Préparer les vêtements avant le passage en machine Maintenant que vous disposez de toutes les clés, voici une rapide checklist à suivre avant de lancer votre cycle de lavage pour préserver la douceur et la forme de votre cachemire : En respectant ces gestes simples, votre cachemire peut passer en machine en toute sécurité.
Laver le cachemire sans l’abîmer : méthode simple et sans risque
Comment laver le cachemire sans l’abîmer ? Le cachemire est une matière noble et précieuse, symbole de confort et d’élégance. Mais son entretien fait parfois peur : pull, cardigan ou écharpe qui boulochent, fibres qui feutrent, formes qui se déforment… Le cachemire est fragile et demande une attention particulière. Fort heureusement, avec les bons gestes, laver le cachemire devient un réflexe simple, qui permet de prolonger la douceur et la durée de vie de vos vêtements préférés. L’importance d’un bon lavage pour le cachemire Pourquoi le cachemire nécessite un soin particulier Au jeu du portrait chinois, Si le cachemire devait choisir un animal fétiche, ce serait sans doute l’éléphant. Deux grands amoureux d’eau ! Plus il sera lavé, plus il deviendra doux et agréable au toucher. Il est recommandé de le laver régulièrement, tous les trois à quatre portés. Cela est d’autant plus important pour les pièces neuves, dont les premiers lavages permettent d’éliminer l’excédent de matière utilisé lors de la confection. Un entretien irrégulier et une fibre en manque d’hydratation peuvent provoquer l’apparition de bouloches superficielles. Après quelques lavages, tout surplus de matière aura été éliminé. Si des bouloches persistent, c’est qu’il est temps de laver votre pull à nouveau. Le cachemire est une matière vivante. Ses fibres proviennent du sous-poil de la chèvre Capra Hircus, élevé en Mongolie et Mongolie Intérieure. Ce sous-poil extrêmement fin et long confère au pull sa douceur, sa chaleur et sa résistance. Un lavage trop vigoureux ou une température trop élevée peuvent altérer sa texture et sa douceur. Pour préserver la qualité, il et également recommandé de ne pas porter vos vêtements plusieurs jours d’affilés. Pourquoi le cachemire nécessite un soin particulier Un entretien inadapté, un essorage violent ou l’usage de produits inappropriés peuvent provoquer : Bouloches et filaments : des fibres se libèrent et donnent un aspect usé Perte de forme et d’élasticité : le vêtement se déforme, s’allonge ou rétrécit Feutrage de la laine : exposé à une eau trop chaude ou à des frottements excessifs, les fibres peuvent s’agglutiner et rendre la matière plus dense et moins souple Usure prématurée de fibres Affadissement des couleurs : la teinte n’est plus aussi vibrante Sous l’effet du frottement et du poids, certaines fibres peuvent sortir du fil. Le nettoyage à l’eau permet de les replacer correctement dans le tricot et de limiter l’apparition de bouloches, surtout sur les mailles déjaugées. C’est en cela que l’entretien est crucial. Bien laver et entretenir son cachemire préserve la forme la douceur et le confort de chaque pièce. Quelle différence entre la machine à laver et le lavage à la main ? Le lavage à la main reste la méthode la plus douce et sûre pour vos pulls et vêtements en cachemire. Il permet un contrôle total sur la température, le malaxage des fibres et l’essorage pour un résultat optimal et durable. Le lavage en machine est possible, mais nécessite : Un programme laine délicat Un sac de lavage pour protéger la matière Un essorage limité (maximum 400‑600 tours/minute) Et le pressing ? Le nettoyage à sec n’est pas recommandé pour le cachemire, qui a besoin d’eau pour retrouver son gonflant et sa douceur. Toutefois, pour des tâches spécifiques, s’adresser à un professionnel reste une solution. Préparer le lavage du cachemire « On ne mélange pas les torchons et les serviettes »… Le cachemire est un poil capricieux et préfère se la jouer « bande à part ». Avant toute manipulation, séparez vos pulls et autres vêtements en cachemire du reste du linge. Il n’aime pas être compressé ou mélangé à des tissus humides. Pour le protéger des mites, qui raffolent des matières naturelles, n’hésitez pas à utiliser un produit antimite ou un sachet de cèdre dans votre dressing. Instructions et précautions de lavage Il est essentiel de commencer par lire les pictogrammes présents sur l’étiquette de vos pièces pour connaître le type de lavage recommandé, quand bien même vous optez pour un lavage à la main. Ces indications sont certes particulièrement utiles pour le lavage en machine, mais donnent aussi des repères pour manipuler vos vêtements délicats à la main. Le matériel nécessaire pour laver le cachemire – produits et accessoires Pour un lavage réussi, préparez : Une large bassine d’eau froide ou tiède (20° et 30°c maximum) : l’eau chaude risquerait d’abimer la pièce, voire de la faire rétrécir. Une lessive spéciale laine ou un shampoing doux. Proscrire l’utilisation d’adoucissant qui est une fausse bonne idée et risque de faire feutrer la maille et/ou altérer sa qualité Une serviette en coton pour y déposer le vêtement une fois lavé et le faire sécher à plat. Ne jamais suspendre du cachemire mouillé ou humide, le poids pourrait étirer les fibres et le déformer. Les étapes pour laver le cachemire à la main Nettoyage doux et soins supplémentaires – les bons gestes Séparer les couleurs claires et foncées Retourner le pull sur l’envers Tremper délicatement le vêtement dans l’eau tiède avec une petite dose de lessive. Un excès de produit peut endommager les fibres. Ne jamais laisser tremper plus de 5‑10 minutes Tapoter la matière du bout des doigts, sans tordre ni tirer Rincer à l’eau claire, sans frotter L’après lavage – conseils pour sécher le cachemire en toute sécurité Techniques sûres de séchage pour éviter le rétrécissement Plier et presser doucement le pull dans une serviette Rouler la serviette pour absorber l’excédent d’eau Étaler à plat sur une serviette propre Tenir à l’abri du soleil et de toute source de chaleur Il est bon de savoir qu’un repassage n’est pas indispensable, le cachemire retrouve souvent sa forme naturelle après le séchage à plat. Mais si quelques plis persistent, cette étape doit toujours se faire avec douceur. Réglez le fer sur basse température, position laine ou soie. Placez un linge fin entre le fer et la maille pour éviter tout contact direct. Repassez sur l’envers, sans vapeur excessive. Une meilleure option reste la vapeur naturelle…d’une salle de bain après la douche par exemple qui suffit souvent à détendre les
Qu’est-ce que l’appellation grade A ?
Qu’est-ce que le cachemire grade A ? Depuis plusieurs années, on voit fleurir l’appellation cachemire grade A, et un certain nombre de marques, parfois spécialistes de cette matière, revendiquent l’utilisation de cette qualité. Qu’est-ce que l’appellation grade A ? L’appellation grade A, grade B, grade C a été créée par des filatures spécialisées en cachemires pour définir les niveaux de qualité de leur fil. Grade A : très bon. Grade B : pas mal. Grade C : pas terrible. Pour rappel, la filature transforme le poil en fil. Puis le tricoteur achète le fil et fabrique des pulls. Lorsqu’on creuse cette histoire de grade, on se rend compte que chaque filature a sa propre définition. En effet, il n’y a aucune norme sur les grades, donc on peut y mettre ce qu’on veut. Et de ce fait, en Europe, on ne peut pas faire tester le cachemire en laboratoire pour s’assurer qu’il est grade A puisque le labo ne pourra pas s’appuyer sur une norme. On voit d’ailleurs les filatures chinoises qualifier de grade A les poils de 15,5 microns, et être beaucoup plus souples sur la longueur des poils. En effet, cela permet de contrer les filatures mongoles dont les poils sont un peu plus épais (16,2 microns) mais peuvent volontiers être plus long de 10 mm. Rappelons que l’épaisseur a un impact sur la douceur et la longueur a un impact sur la bouloche. En somme, selon que le cachemire sera d’origine Mongole (du pays Mongolie) ou d’origine Mongolie intérieure (province chinoise), il pourra être qualifié de grade B ou grade A et inversement. Pour l’anecdote, lorsque nous avons commencé à travailler avec notre tricoteur népalais il y a 18 ans, nous y avons rencontré différents tricoteurs, et il y avait déjà des grades A, B et C. Grade A signifiait : « c’est 100% cachemire ». Grade B voulait dire : « il y a du cachemire, mais aussi de la soie », et grade C c’était : « ça a le toucher du cachemire mais il n’y en a pas du tout ». En général le grade C était composé de viscose, une matière qui imite bien le cachemire lorsqu’elle est correctement travaillée. Grade A ou grade B : comment savoir si j’achète du bon cachemire ? Il faut être clair : vous ne trouverez pas de marque de cachemire prétendant qu’elle fait autre chose que du grade A. Ça n’existe pas. Donc le terme de grade A n’est pas un signe distinctif de qualité malheureusement. Les meilleures marques n’indiquent généralement pas le grade. Cela ne signifie pas que mes mauvaises marques l’indiquent systématiquement, mais cette appellation ne veut tout simplement rien dire. Repérer qu’un cachemire est de qualité avant l’achat n’est pas facile. Nous avons un autre article de notre blog sur ce sujet que nous vous conseillons de lire. En effet, cela va dépendre de la nature du poil (épaisseur, longueur, blancheur), de la façon dont on l’a assemblé pour former un fil, de la façon dont on a tricoté ensuite ce fil pour en faire un vêtement, et au final de la façon dont on a traité ce vêtement lors de la phase ultime de lavage, extrêmement importante dans le processus. Chez Mahogany, on peut vous aider à devenir un expert du cachemire. Mais au final, il faudra tout de même passer à l’acte (chez nous ou une autre marque) et prendre le risque d’un 1er achat. Vous devrez vous intéresser à la douceur, mais pas seulement, car la douceur n’est pas une garantie suffisante, puis il vous faudra le porter pour juger par vous-même de son confort et de sa longévité. Et alors seulement, vous pourrez avoir une idée de la qualité, surtout s’il s’agit d’un spécialiste, où la qualité est généralement suivie. On conçoit que la réponse soit frustrante, mais c’est aussi la plus honnête. Vous pouvez creuser le sujet sur notre autre article relatif à la qualité du cachemire.
Cachemire made in France : réalité ou simple argument marketing ?
Cachemire made in France : réalité ou simple argument marketing ? Quels sont les pays traditionnellement tournés vers la fabrication de cachemire ? L’Écosse : Historiquement, le cachemire a d’abord été travaillé par les Écossais, à partir du 18ème/19ème siècle. Le poil était importé d’Asie puis filé en Ecosse, et enfin tricoté en pulls et en Echarpes. Les Écossais étaient réputés hériter de leurs pulls en cachemire de père en fils, de la même façon qu’ils se transmettaient leur smoking. L’Écosse a connu un nombre assez conséquent d’usines de pulls en cachemire qui ont périclité dans les années 2000 avec l’arrivée de cachemires à plus bas prix made in China. Aujourd’hui, il reste principalement les industriels Johnstons of Elgin et Barrie qui fabriquent pour des marques comme Hermès, Burberry, Chanel. D’autres fabricants réputés ont été vendus à des investisseurs asiatiques et ne sont souvent plus que des marques, revendant des cachemires fabriqués ailleurs. L’Italie : Dans la seconde moitié du 20ème siècle, un maillage de PME italiennes s’est développé, spécialisée dans la fabrication de maille et notamment le cachemire. Les Italiens aiment la mode. 2 marques de luxes spécialisées dans le cachemire se sont révélées : Loro Piana et Cuccinelli. Encore relativement méconnues en France, elles sont très développées outre-Atlantique. Elles ont la particularité d’avoir développé un authentique savoir-faire industriel dans le cachemire. Leur positionnement est très luxueux : de 1000 à 5000 € le pull en cachemire. D’autres unités de production spécialisées dans la mode et le cachemire, souvent familiales, gravitent autour de ces 2 marques, pratiquant des tarifs également élevés. Le risque avec les petites marques italiennes peu connues, c’est le flou qui entoure certaines origines. On peut s’interroger de voir certains pulls 100% cachemire made in Italy à 120 €. Il nous est d’ailleurs arrivé d’avoir des contacts avec des petites marques Italiennes qui souhaitaient nous acheter des collection cachemire, à condition que nous remplacions l’étiquette made in Népal par une étiquette made in Italy. Ce que nous avons bien entendu refusé. La Chine : A partir des années 80, la Chine est devenue l’usine du monde, et a entre autres développé une expertise dans le domaine du cachemire. S’il y a bien un domaine où ce phénomène de concentration industrielle a une logique, c’est bien le cachemire. En effet, environ 90% du cachemire mondial provient de Chine, et notamment de sa province, la Mongolie Intérieure, et de Mongolie, vaste pays coincé entre la Chine et la Russie. Autant on peut s’interroger que du coton américain soit transformé en T-shirt en Chine et réexporté aux USA, autant il n’est pas absurde que le cachemire asiatique soit transformé en Chine. Aujourd’hui l’essentiel du cachemire provient de Chine. Des marques comme Bompard, Kujten, Not Shy, des marques écossaises comme Kinross, et des marques italiennes en nombre font fabriquer en Chine. Les petits pays : Népal, cachemire indien, … Ce n’est pas sans raison que le cachemire s’appelle cachemire : au 18ème siècle, le marché du cachemire était détenu par les cachemiriens, population de commerçants provenant du cachemire indien spécialisés dans la soie, les épices, et toute les articles d’exportation vers l’Europe. Les cachemiriens, qui achetaient la fibre au Tibet et au Népal sont longtemps restés mystérieux sur son origine, et les européens ont cru qu’elle provenait du cachemire. D’où son nom. Dans le Cachemire indien, il y avait un talent, qui a été conservé : celui de la broderie d’étoffes, et en particulier de châles pashminas. Aujourd’hui encore, des châles en cachemire très ouvragés sont produits au Cachemire et exportés dans le monde entier ? Quant au Népal, c’est un pays où il y a une relation particulière avec le cachemire depuis des siècles. C’est là, ainsi qu’au Tibet voisin, qu’ont été récoltés les premiers poils et qu’ils ont été pour la première fois filés et tissés en châles Pashmina. Depuis plusieurs siècles, il y a une tradition de petits tisseurs et tricoteurs spécialisés dans le cachemire. D’ailleurs, si vous allez visiter le quartier touristique de Thamel, à Kathmandu, vous verrez de nombreuses échoppes vendant des pulls en cachemire, dont la majorité vend de l’authentique cachemire. Vous les reconnaitrez au tarifs très proches des prix européens. C’est ainsi que nous avons débuté l’histoire de Mahogany, en rencontrant en 2004 une famille propriétaire d’une petite unité de production, avec laquelle nous nous sommes développés et qui constitue toujours notre seule source de production. Le cachemire est souvent une affaire de relation et de confiance. Le cachemire made in France : Vous l’avez compris, le cachemire n’est pas une histoire française. Elle est écossaise, italienne et asiatique. Il n’y a pas vraiment de savoir-faire en production spécialisée en cachemire en France. Il faut dire que fabriquer des articles en cachemire est un métier à risque. Entre le choix du fil, les techniques de tricotage qui sont spécifiques, le lavage et l’embellissement qui exigent une vraie expérience, les possibilités d’erreur sont nombreuses. Et le kg de cachemire en bobine ne vaut pas 3 € comme le coton, mais bien 140 €. Toute erreur est donc très lourdement sanctionnée. Pour intéresser un industriel français il faut proposer des volumes qui justifient sa prise de risque. Très peu de marques en sont capables. Max et Moi explique par exemple que son cachemire est made in France. Il s’agit d’un des rares cas que nous ayons identifiés. Donc attention aux appellations « marque française », ce que nous sommes. Mais marque française ne signifie pas fabriqué en France, et les cas de cachemire fabriqués en France relèvent de l’exception pour les raisons que nous vous avons expliquées. Chez Mahogany, nous souhaiterions proposer du cachemire made in France, a minima une collection capsule. quitte à la proposer 30% plus cher. Mais nous sommes une marque un peu confidentielle et slow fashion. Nous ne fabriquons que de la petite série, en continu, et ne jetons rien. Notre concept est éloigné de la grande série, et c’est d’ailleurs pourquoi nous travaillons depuis 20 ans avec un spécialiste de la toute petite série, basé au Népal. Cette compétence de
Cachemire recyclé : est-ce vraiment écologique ?
Cachemire recyclé : est-ce vraiment écologique ? Le recyclage est généralement une option écologique mais dans le cas du cachemire, il est essentiel de considérer toutes les facettes de son impact environnemental Tout d’abord, le cachemire est une laine et toutes les laines à 100% sont biodégradables. Il faut environ 4 mois à un pull cachemire pour être éliminé dans une bonne unité de compost, et il constituera par ailleurs un excellent engrais. Il faut également conserver à l’esprit que les laines sont naturellement renouvelables. La question du recyclage se pose donc avec moins d’intensité, car les laines n’épuisent pas la planète. On peut donc se permettre de se poser la question de bénéfice/coût du recyclage du cachemire. Il existe à notre connaissance 3 types de cachemire recyclé : Celui qui est issu d’articles en cachemire qui ont été portés. Ces pulls en fin de vie sont acheminés vers des filières spécialisées dans le recyclage. Ils vont suivre un processus inverse afin d’être retransformé en poils. Puis ces poils vont suivre un cycle de production classique, mais devront en outre êtreblanchis puis reteints car ils proviennent de pulls de couleurs différentes. Sur le principe, cette solution est écologique. Cependant il y a 4 contraintes qui posent question : Un problème de bouloches et de longévité : étant donné qu’on y mélange des cachemires Uniqlo à 75 € et des cachemires Loro piana à 950 € (le col V 2 fils), la qualité est forcément hététrogène tant en longueur de poil qu’en épaisseur. Or, un bon fil de cachemire doit faire l’objet de stabilité dans le poil. Un traitement peu écologique : l’opération de blanchîment, appelée « bleaching », terme intraduisible en français, mais supposant l’utilisation de principes actifs comparables à l’eau de javel, outre son caractère très polluant, induit une fragilisation des poils et leur raccourcissement. Le bleaching est utilisé par les marques discount pour rendre blanc un cachemire foncé acheté à petit prix. Par exemple, chez Mahogany Cachemire, nous n’utilisons JAMAIS de poils issus du bleaching, ce qui explique que nous ne proposions jamais de couleurs fluo, qui ne peuvent être obtenues que de cette manière. Une grande consommation d’eau : le processus de détricotage et bleaching est fortement consommateur d’eau. Et au final, l’utilisation de 40 à 60% de cachemire neuf pour stabiliser le cachemire recyclé. A l’instar du plastique dit recyclé, qui a besoin d’environ 60% de plastique neuf, on va mélanger le cachemire recyclé à du cachemire neuf pour améliorer boulochage et longévité. Ce cachemire recyclé sera au final très coûteux, et pas des plus vertueux. Le second type de cachemire recyclé provient des déchets créés par la transformation du poil en fil par les filatures. Lors du processus de production du fil dans les filatures, les poils les plus courts et les plus fins tombent avant de devenir fil. Ce cachemire a le mérite d’être pur, et n’a pas besoin d’être traité chimiquement. Inconvénient : les poils sont très courts, et très difficiles à travailler, ce qui va se traduire par beaucoup de bouloches. Conséquence : pour recycler ce poil, on le mélange à 50% de fils cachemire de qualité. Au final, on aura un pull au prix élevé, et à la qualité moindre car une proportion de poil sera trop court. On parvient ainsi à recycler 50% de cachemire. La qualité sera inférieure à un 100% cachemire du point de vue de la tenue, de la longévité et de la bouloche, mais il n’y aura pas eu de blanchiment, et une grande économie de trajets, puisque le recyclage se fait au sein de l’unité de production. Sur un plan strictement écologique, cette solution apparait au moins aussi pertinente que la précédente. Solution : il est très facile de reteinter des couleurs en bleu marine ou noir. Le recyclage issu de pulls ratés ou de fin de bobines de fils. En production, on rate des protos, certains pulls ne passent pas le contrôle qualité, et certaines bobines de fils en fin de cycle de production, ne peuvent permettre de fabriquer que quelques pulls. C’est le cas chez notre tricoteur népalais. Tous ces fils qui ont une qualité standard (cette information est très importante) peuvent être mis bout-à-bout sans difficulté et permettent de fabriquer des pulls de qualité. Seul problème : ces assemblages de fils sont de toutes les couleurs. Solution : il est très facile de reteinter des couleurs en bleu marine ou noir. Chez Mahogany, c’est le projet sur lequel nous travaillons : vous proposer une collection de pull en 100% cachemire recyclé, sans ajout de cachemire neuf, avec une vraie stabilité dans le temps et une faible bouloche, sans bleaching ni surlavage. La seule contrainte : la collection sera noire et bleu marine. On ne peut pas tout avoir ! Mais elle sera vraiment écologique. Chez Mahogany on considère que jusqu’à maintenant, le cachemire recyclé des 2 premières solutions n’apporte pas satisfaction tant sur le plan écologique que qualitatif. Sans parler de green washing, la vente d’articles en cachemire recyclé permet à des marques d’avoir une forme de label écologique qui sauve les apparences mais ne permet pas de progrès sur le fond. C’est pourquoi nous n’en travaillons toujours pas, en dehors de notre projet de collection noir et bleu marine qui va voir le jour. Cet article a été rédigé en octobre 2023. La science évolue et nous ne sommes pas obtus. Il parait que des industriels travaillent sur de nouvelles techniques qui permettraient d’obtenir un cachemire recyclé de haute qualité. Chers industriels chercheurs, on vous aime et si vous lisez ces lignes et que vous êtes parvenus à un beau niveau de qualité dans le cadre d’une démarche réellement écologique, nous sommes plus qu’ouverts à une collaboration : contactez-nous !